"Pourquoi fait-on des enfants ?". C'est le titre du dossier publié par Philosophie magazine ce mois-ci.
Ce titre n'est pas anodin. S'il a le mérite de poser une question pas assez posée ("Pourquoi on fait des enfants ? Mais atteeeeeennnnnds, mais c'est normal, faaaauuut faire des enfants, c'est la natûûûûûreeeee"), celle-ci n'est pas formulée n'importe comment. "Pourquoi fait-on des enfants ?", ce n'est pas la même chose que "Pourquoi faire des enfants ?". La question "Pourquoi faire des enfants ?" souligne davantage l'aspect absurde de la procréation. En revanche en demandant "Pourquoi fait-on des enfants ?", on part du postulat qu'on fait des enfants (qui est ce "on" impersonnel ? Tout le monde, apparemment) et on cherche à expliquer pourquoi. Mais la procréation en elle-même n'est pas remise en question : comme s'il allait de soi que tout un chacun faisait des enfants.
Dans l'édito, le rédacteur en chef Alexandre Lacroix sort son épée et son costume de super-héros pour pourfendre les odieux personnages qui osent (quelle honte !) tenter de dissuader les autres d'avoir des enfants. On est beaucoup plus dissuadé qu'encouragé à faire des enfants, c'est bien connu ! [mode ironie on].
S'il est un argument que je trouve agaçant, parmi ceux qui visent à nous dissuader d'avoir des enfants, c'est bien celui-ci : "A quoi bon, entend-on dire parfois, donner la vie à de pauvres êtres humains dans un monde aussi mauvais que le nôtre ?".
(...)
Cet argument m'a toujours paru absurde, car le choix d'être parent est privé, tandis que le cours du monde ne dépend pas de nous, mais se trame dans la brume du collectif et de l'Histoire.
(...) Voilà le meilleur argument contre ceux qui ne veulent pas procréer à cause du réchauffement climatique, de la récession ou des guerres à venir : dans la pire adversité, la filiation est le dernier rempart de l'humanité.
Le choix d'être parent est privé ? Première nouvelle ! Je suis désolée, mais quand on fait un enfant, cela concerne d'autres personnes. A commencer par l'enfant lui-même (notez qu'il a écrit "le choix d'être parent", et non "le choix d'ajouter un nouvel être humain sur terre").
Passons sur les louanges sur la filiation, que je trouve franchement niaises. Vous croyez qu'il est au courant pour les assassinats d'enfants par leurs parents, ou le contraire ?
La suite bientôt...
Ce titre n'est pas anodin. S'il a le mérite de poser une question pas assez posée ("Pourquoi on fait des enfants ? Mais atteeeeeennnnnds, mais c'est normal, faaaauuut faire des enfants, c'est la natûûûûûreeeee"), celle-ci n'est pas formulée n'importe comment. "Pourquoi fait-on des enfants ?", ce n'est pas la même chose que "Pourquoi faire des enfants ?". La question "Pourquoi faire des enfants ?" souligne davantage l'aspect absurde de la procréation. En revanche en demandant "Pourquoi fait-on des enfants ?", on part du postulat qu'on fait des enfants (qui est ce "on" impersonnel ? Tout le monde, apparemment) et on cherche à expliquer pourquoi. Mais la procréation en elle-même n'est pas remise en question : comme s'il allait de soi que tout un chacun faisait des enfants.
Dans l'édito, le rédacteur en chef Alexandre Lacroix sort son épée et son costume de super-héros pour pourfendre les odieux personnages qui osent (quelle honte !) tenter de dissuader les autres d'avoir des enfants. On est beaucoup plus dissuadé qu'encouragé à faire des enfants, c'est bien connu ! [mode ironie on].
S'il est un argument que je trouve agaçant, parmi ceux qui visent à nous dissuader d'avoir des enfants, c'est bien celui-ci : "A quoi bon, entend-on dire parfois, donner la vie à de pauvres êtres humains dans un monde aussi mauvais que le nôtre ?".
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Cet argument m'a toujours paru absurde, car le choix d'être parent est privé, tandis que le cours du monde ne dépend pas de nous, mais se trame dans la brume du collectif et de l'Histoire.
(...) Voilà le meilleur argument contre ceux qui ne veulent pas procréer à cause du réchauffement climatique, de la récession ou des guerres à venir : dans la pire adversité, la filiation est le dernier rempart de l'humanité.
Le choix d'être parent est privé ? Première nouvelle ! Je suis désolée, mais quand on fait un enfant, cela concerne d'autres personnes. A commencer par l'enfant lui-même (notez qu'il a écrit "le choix d'être parent", et non "le choix d'ajouter un nouvel être humain sur terre").
Passons sur les louanges sur la filiation, que je trouve franchement niaises. Vous croyez qu'il est au courant pour les assassinats d'enfants par leurs parents, ou le contraire ?
La suite bientôt...