Philosophie magazine, mars 2009

Philosophie magazine, mars 2009
"Pourquoi fait-on des enfants ?". C'est le titre du dossier publié par Philosophie magazine ce mois-ci.

Ce titre n'est pas anodin. S'il a le mérite de poser une question pas assez posée ("Pourquoi on fait des enfants ? Mais atteeeeeennnnnds, mais c'est normal, faaaauuut faire des enfants, c'est la natûûûûûreeeee"), celle-ci n'est pas formulée n'importe comment. "Pourquoi fait-on des enfants ?", ce n'est pas la même chose que "Pourquoi faire des enfants ?". La question "Pourquoi faire des enfants ?" souligne davantage l'aspect absurde de la procréation. En revanche en demandant "Pourquoi fait-on des enfants ?", on part du postulat qu'on fait des enfants (qui est ce "on" impersonnel ? Tout le monde, apparemment) et on cherche à expliquer pourquoi. Mais la procréation en elle-même n'est pas remise en question : comme s'il allait de soi que tout un chacun faisait des enfants.

Dans l'édito, le rédacteur en chef Alexandre Lacroix sort son épée et son costume de super-héros pour pourfendre les odieux personnages qui osent (quelle honte !) tenter de dissuader les autres d'avoir des enfants. On est beaucoup plus dissuadé qu'encouragé à faire des enfants, c'est bien connu ! [mode ironie on].

S'il est un argument que je trouve agaçant, parmi ceux qui visent à nous dissuader d'avoir des enfants, c'est bien celui-ci : "A quoi bon, entend-on dire parfois, donner la vie à de pauvres êtres humains dans un monde aussi mauvais que le nôtre ?".
(...)
Cet argument m'a toujours paru absurde, car le choix d'être parent est privé, tandis que le cours du monde ne dépend pas de nous, mais se trame dans la brume du collectif et de l'Histoire.
(...) Voilà le meilleur argument contre ceux qui ne veulent pas procréer à cause du réchauffement climatique, de la récession ou des guerres à venir : dans la pire adversité, la filiation est le dernier rempart de l'humanité.


Le choix d'être parent est privé ? Première nouvelle ! Je suis désolée, mais quand on fait un enfant, cela concerne d'autres personnes. A commencer par l'enfant lui-même (notez qu'il a écrit "le choix d'être parent", et non "le choix d'ajouter un nouvel être humain sur terre").
Passons sur les louanges sur la filiation, que je trouve franchement niaises. Vous croyez qu'il est au courant pour les assassinats d'enfants par leurs parents, ou le contraire ?

La suite bientôt...

# Posté le vendredi 27 février 2009 16:11

Un titre des Kroketten Poilues à écouter : "Faites des enfants"

Un titre des Kroketten Poilues à écouter : "Faites des enfants"

Les Kroketten poilues

Faites des enfants : un brassage musical à peine parodique de toutes les bêtises que les childfree peuvent entendre...

Et comme on dit, "toute ressemblance avec une personne existant ou ayant existé..." ;)
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# Posté le mercredi 25 mars 2009 18:29

"Ces femmes qui ne veulent pas d'enfants"


Le machin réac c'est ici


C'est une triste réalité : certaines femmes inconscientes, qui méconnaissent les joies de la maternité (les salopes), ne veulent pas d'enfants. C'est choquant, je sais, mais c'est une triste réalité dont il faut parler sans se voiler la face (envoyez vos enfants se coucher). Le courageux site "Le journal du couple" brise enfin le tabou.

Certaines femmes ne désirent pas connaître les joies de la maternité, incroyable mais pourtant vrai. Si par nature, l'Homme est fait pour se reproduire, de plus en plus de femmes trouvent leur équilibre autrement, sans se sentir tenues d'être mère pour se sentir accomplies. Rencontre avec des témoins et la psychologue Angélique Vandenhende, pour tenter de comprendre ce nouveau phénomène.

D'emblée, le ton est donné. Les parents parlent aux parents : discutons entre nous de ce phénomène bizarre, incompréhensible et contre-nature, les vilaines femmes kiveulentpasdenfant.

Survie de l'espèce humaine, épanouissement de la femme, de l'homme, fruit de l'amour du couple... Les raisons d'enfanter sont nombreuses et font bien sûr partie de notre héritage sociologique. Pour d'autres, la maternité n'a rien d'une fin en soi.

Nous on a des raisons de faire des enfants, nous. Pourquoi les femmes kiveulentpasdenfant ne pensent pas pareil que nous ?

Derrière des excuses parfois un peu formatées peuvent se cacher des raisons plus profondes, comme le confirment nos témoins. Ces femmes, ou même ces couples qui ne veulent pas d'enfants, restent presque toujours incompris et souvent jugés "anormaux". Avec l'aide d'Angélique Vandenhende, psychologue, nous avons tenté de les comprendre.

Nous on a des raisons. Elles, des excuses. Mais la vraie raison est ailleurs. Perçons le mystère. Maman Angélique va tout nous expliquer.

Angélique Vandenhende: Devenir mère c'est faire le deuil d'une partie de soi. De "l'enfant et l'adolescent " qu'on a été pour s'inscrire dans le cycle de la vie. Que ce soit pour l'homme ou la femme, l'arrivée d'un enfant plonge dans les responsabilités et l'âge adulte. Certains ne se sentent pas prêts à faire ce pas et ne le seront peut être jamais.

Les childfree sont d'éternels enfants, des adultes inachevés, on ne le redira jamais assez.

Pour la femme on peut également retrouver derrière cette absence de désir, un refus de la grossesse et de l'enfantement – les modifications corporelles induites par cette grossesse ainsi que l'accouchement, étant impossibles à imaginer pour elle. Quoi de plus évocateur qu'un corps de femme enceinte comme symbole de la Femme, ce qui n'est pas évidemment pas imaginable pour une personne qui ne s'est pas encore assumée comme femme.

Là je renonce à commenter. Plusieurs explications possibles :

- Angélique Vandenhende est payée par le Vatican.
- Elle est inculte, ignare et franchement bête.
- Elle n'a jamais entendu parler de Simone de Beauvoir.
- Elle milite dans une association anti-avortement.
- Elle a perdu un bout de cerveau lors d'un accident.
- Tout ça à la fois.

Le désir d'enfant est le théâtre d'une relecture de sa propre histoire. Parfois on retrouve chez les personnes n'en désirant pas, un lourd passé familial (monoparental, un vécu douloureux de l'enfance et de la relation parentale). La peur de répéter ce schéma peut alors freiner voire pousser à refouler définitivement tout désir d'enfanter.

Les pôvres, ils souffrent, ils sont traumatisés. Ils sont malaaaaades.

A.V: justement, le désir d'enfant s'inscrit également dans le cycle de la vie et donc de sa fin. On peut également voir dans la naissance d'un enfant, sa propre mort qui approche. Pour certaines personnes l'évocation même de cette fin de vie reste totalement impossible sans une profonde angoisse que la naissance leur évoquerait. Alors que pour d'autres, il s'agit effectivement d'un prolongement de leur vie.

Ils n'osent pas regarder la mort en face, ces trouillards immatures.

Quelques témoignages ensuite pour rendre l'article crédible, avec commentaires de la gourou psychologue.

Marie est le cas typique dont je parlais au début, qui n'a pas fait le "deuil" de l'enfant qu'elle était. Elle ne s'assume pas en tant que femme, et ne se voit d'ailleurs pas comme une femme. Elle parle du discours des autres sur cette fameuse horloge biologique, en la refusant catégoriquement, car elle n'a pas conscience de son âge. On est dans une problématique où faire le deuil de son enfance est difficile. Ça peut venir de la fille mais également de la mère qui n'inscrit pas son enfant dans son rôle de femme adulte mais qui la garde infantilisée. Il faut devenir femme adulte avant d'être mère pour pouvoir s'épanouir dans la maternité et dans la vie en général. Le temps l'aidera peut-être, en espérant qu'elle ne se sentira pas "femme adulte" trop tard.

Oui, un jour elle sera une vraie fâme et elle fera ensuite... (suspens...) un beybey ! (ouf)



Il serait intéressant de connaître le passé familial de Fleur. C'est la seule à ne pas évoquer sa propre mère. Sa peur de ne pas être une bonne mère doit très certainement faire référence à la sienne. A-t-elle estimé que sa mère ne l'avait pas élevé comme il fallait ? A-t-elle eu un manque ? Fleur occulte le sujet, donc il est tentant de dire qu'il vient de là. Le fait qu'elle soit angoissée et stressée pour les gens qu'elle aime et qu'elle pense qu'elle serait surprotectrice avec son enfant prouve qu'elle a eu une mère soit beaucoup trop présente, soit à l'inverse absente. Mais peut-être que grâce à son partenaire, Fleur pourra surmonter ses peurs.

C'est de la faute de sa mère, évidemment. Toujours de la faute des femmes (on comprend d'autant plus que Fleur ait peur de "ne pas être une bonne mère", si c'est pour se taper des reproches similaires...). Heureusement son homme est là pour la sauver (et lui faire un beybey).

Avant de devenir parent il faut faire le deuil de son adolescence. L'indépendance évoque également ici une insouciance que je relierais à la période de l'adolescence. Pouvoir agir sans penser au lendemain et sans contrainte. L'arrivée d'un enfant plonge dans la réalité de la vie, on a des responsabilités, l'enfant passe avant nos envies tout du moins c'est ce que pense ce couple. Ils n'arrivent pas à concevoir que l'enfant peut également apporter des joies et de l'amour qui ne sera pas vécu comme un poids. Il n'y a que l'aspect contrainte qui est perçu. Et également, comme je le disais au départ, le contexte économique qui semble les bloquer. Mais tant qu'ils sont d'accord, et que l'un ou l'autre ne refoule pas son désir d'enfant, tout se passera bien.

Tout comme il y a certaines raisons pour faire un enfant qui peuvent être jugées choquantes (la peur d'être seule, vouloir sauver son couple, jouir d'un amour inconditionnel, façonner un être à son image...) les raisons de ne pas en faire, ne sont pas plus critiquables et tout du moins tout aussi respectables... Aujourd'hui, l'idée de la société de performance peut bien entendu effrayer plus d'une femme dans son désir d'être mère. Après s'être battu pour obtenir une égalité avec l'homme, notamment pour le travail, n'est-il pas logique que certaines femmes aient à présent du mal à trouver leur place en tant que mères ? Affaire à suivre...


L'indépendance c'est l'adolescence. Après il faut en chier pour connaître la vraie vie.
En plus, à cause de ces vilaines féministes qui ont lutté pour l'égalité, les femmes ne trouvent plus leur place en tant que mères. Parce qu'elles auraient dû la trouver, c'est évident, elles sont faites pour ça.


On terminera cependant avec une note d'optimisme. Angélique Vandenhende prouve à ceux ou celles qui en douteraient qu'il y a encore des femmes pour se souvenir de ce qu'est leur destin naturel :









"Ces femmes qui ne veulent pas d'enfants"

# Posté le dimanche 14 juin 2009 11:01

Modifié le vendredi 19 juin 2009 17:30