"De toute manière, tu ne peux pas comprendre, puisque tu n'as pas encore d'enfants..."
Je n'ai peut-être pas d'enfants, mais je peux imaginer aisément ce que c'est que de dormir trois heures par nuit entre deux biberons, ce que c'est que de crier face à un enfant têtu qui refuse d'écouter, ce que c'est que d'attendre avec angoisse qu'un adolescent soit rentré à une heure tardive... J'ai des parents, et je connais des parents. Et des enfants.
Je trouve de toute manière cette phrase d'une arrogance incroyable : à croire que les parents détiendraient le monopole de l'amour, qu'eux seuls pourraient "comprendre" ce que c'est de s'inquiéter pour quelqu'un qu'on aime, ou tout simplement d'aimer quelqu'un... Nous sommes imprégnés du mythe de l'amour parental (mais le plus souvent on nous parle du sacro-saint amour maternel), qui serait soi-disant absolu, infini, d'une puissance surpassant toute autre forme d'amour. Franchement, je doute que les choses soient aussi simplistes... Mais cela rassure sans doute certains parents de se convaincre qu'ils aiment forcément leurs enfants ainsi... voire qu'ils les aiment tout court.