Cliché n° 30

"Un enfant c'est un cadeau de la vie".

De "la vie" ? Quelle vie ? Pas celle de tout le monde, en tout cas ! Les enfants ne sont pas un "cadeau" (bonjour le mépris pour les enfants, au passage...), et l'arrivée d'un enfant peut être une catastrophe pour des parents qui ne sont pas prêts à l'accueillir. C'est justement parce que l'éducation d'un enfant est une tâche difficile (du moins quand on attache réellement de l'importance à cet enfant) qu'il faut bien y réfléchir à deux fois avant d'en faire...

# Posté le dimanche 29 juillet 2007 15:51

Modifié le mardi 22 juillet 2008 15:34

Les médias...

Les médias...
Il y a eu Arielle Dombasle, il y a quelques temps chez Fogiel, enquiquinée par ce dernier qui ne comprenait pas qu'elle n'ait pas voulu "donner la vie".

Il y a eu Céline Dion, interviewée dans "Sept à huit" en juin dernier, qui a déclaré très sérieusement :

"On commence à chanter pour de vrai quand on devient mère...j'ai comme l'impression d'avoir arrêté de tourner autour du pot"

(je vais sortir ça à une chanteuse sans enfant de ma connaissance... no comment !)

La semaine dernière, dans "Version Femina", je ne sais plus quelle actrice déclarait qu'elle se sentait encore enfant et pas vraiment femme, et l'intervieweuse (eh oui, une femme) a sauté sur l'occasion pour lui demander si elle ne songeait pas à la maternité pour devenir "plus femme".

Cette semaine, sur la couverture de TV Magazine, Natacha Amal déclare "Je veux un enfant". C'est bien sûr écrit en gros, bien mis en valeur. Et là, vous vous dites qu'elle a un désir fou d'enfant, que c'est devenu une vraie obsession, pour que ce soit écrit si gros ! Sauf que quand on ouvre le magazine, on lit ça :

"J'ai toujours soumis cet objectif [avoir un enfant] à des tas de choses, notamment le boulot. Je me rends compte aujourd'hui qu'en fait ce sera comme pour la personne qui viendra partager ma vie : une évidence. Je ne me poserai alors aucune question. Je me sens prête à entrer dans une histoire avec un homme et dans une aventure avec un bébé de façon très sereine. Je dirais même... zen !".

Bref, elle ne dit pas vraiment que c'est une urgence. Mais c'est quasi automatique : dès qu'une célébrité (féminine, le plus souvent) évoque le fait d'avoir un enfant (mais la plupart du temps c'est le/la journaliste qui met le sujet sur le tapis), ça devient un gros titre. Ouf, c'est une vraie fâââââmme, elle va rentrer dans la norme et les médias le signalent avec un soupir de soulagement.

(J'en profite pour remettre le lien vers cet intéressant article qui évoque la pression médiatique...)

Quelques exemples parmi tant d'autres...

# Posté le mardi 31 juillet 2007 17:22

Modifié le mardi 31 juillet 2007 17:34

Antidote contre les questions chiantes

Les multiples remarques plus ou moins indiscrètes sur votre non désir d'enfants vous saoûlent ? N'ayez plus peur d'afficher clairement votre choix, réagissez ! Quelques réponses un peu provocantes pour faire fuir les gens pénibles (pour certaines je me suis inspirée de témoignages lus sur Internet... N'hésitez pas à me donner d'autres idées !) :

- Pourquoi tu ne veux pas d'enfants ?
- Des enfants ? Pourquoi faire ?

- Vous n'avez pas d'enfants ?
- Non, mais j'ai un chien (avec un grand sourire. Effet garanti).

- Alors comme ça vous n'avez pas d'enfants ?
- Si, bien sûr, j'en ai sept. Mais ils sont allergiques à la lumière et restent enfermés dans un placard toute la journée, c'est vital.

- Tu ne veux pas être enceinte ?
- Un alien dans le ventre, les seins qui pètent, la gerbe... Non merci ! (Charlotte Gainsbourg dans "Prête-moi ta main")

- Tu es sûre de ne pas vouloir d'enfants ?
- Absolument sûre. Si je le pouvais, je me ferais retirer l'utérus, mais mon médecin n'est pas d'accord, va savoir pourquoi...

- Et tes parents, ils en pensent quoi ?
- La même chose que moi. Quand ils m'ont eue, ils ont compris.

- Tu devrais essayer de faire un enfant, avec ton enfant, tu verrais les choses autrement.
- Ah, non, impossible, mon congélateur est en panne.

- C'est magnifique de donner la vie !
- De loin, ça va, c'est supportable.

- C'est ton mec qui ne veut pas d'enfants ?
- Non non, c'est moi. Lui, si ça ne tenait qu'à moi, ne m'approcherait qu'avec des moufles en guise de préservatif.

- Comment peut-on vivre sans enfants ?
- Et avec ?

- Et vous, c'est pour quand ?
- La semaine prochaine, vous n'étiez pas au courant ?

- Mais tu es sûre de ne pas vouloir d'enfants ?
- A vrai dire, pour être franche, j'aimerais bien en avoir, mais ce sont mes ovaires qui ne sont pas d'accord.

- Réfléchis bien, tu n'as plus beaucoup de temps devant toi !
- Pour faire l'amour, tu veux dire ?

- Mais pourquoi n'avez-vous pas d'enfants ?
- Eh bien, j'avoue, je ne sais pas comment on fait.

# Posté le mercredi 01 août 2007 15:29

Destin obligatoire

Je conçois que l'on souhaite avoir des enfants. Je peux comprendre qu'une personne veuille être parent, si cette personne voit la parentalité comme quelque chose d'important dans son existence.

Je comprends moins en revanche ceux et celles qui déclarent avec fatalisme : "Faire des enfants est la loi de la vie", "C'est comme ça, c'est la nature", "Heureusement que tout le monde ne raisonne pas comme toi, sinon l'espèce humaine disparaîtrait". Ils me font peur, ces gens qui se reproduisent sans conviction, sans se poser de questions, sans remettre leurs clichés en question. Ils acceptent sans rechigner un destin prétendument obligatoire qui, dans l'absolu, n'est pas imposé. Parfois, ils inventent un Dieu, pour justifier leur enfermement dans une prison qu'ils bâtissent eux-mêmes : "Il faut faire des enfants parce que c'est la volonté divine". J'ai envie de leur dire, comme Sartre, que nous sommes libres, libres au sein de la contrainte : libres de décider d'avoir des enfants ou de ne pas en avoir. Mais se reposer sur un destin inexistant pour s'expliquer, c'est de la mauvaise foi, de la lâcheté.

Quoi de plus fabuleux que les normes sociales, pour vous empêcher de vous poser des questions ? Vous vous demandez si votre vie a un but ? Mettez-vous en couple, faites un enfant : paf, voilà un but tout trouvé, que la société nous propose en plus sur un plateau. L'enfant, le remède anti-métaphysique par excellence.

Nous vivons dans une société de fourmis, où travailler et pouponner modèle l'horizon ultime de la condition humaine. Le travail est l'opium du peuple, les enfants seraient-ils sa consolation ? Une société pour laquelle la vie se limite à gagner son pain et à se reproduire est une société sans avenir et sans rêves. Avoir un enfant est le meilleur moyen d'éviter de se poser la question du sens de la vie, puisque tout tourne autour de lui : il est un merveilleux bouche-trou à la quête existentielle. Mon fils, ma bataille, comme le chantait Daniel Balavoine ; c'est bien joli, mais si vous n'avez pas d'autres batailles, votre vie se réduit à pas grand-chose. (...) Répondre à la question du sens de la vie en se reproduisant, c'est transférer la question à la génération suivante. S'abstenir d'y répondre, ou au moins d'essayer, n'est-ce pas la pire des lâchetés ?
No kid, Corinne Maier




PS : Après avoir écrit cet article, je suis tombée sur un forum où était justement évoqué le non désir d'enfants. Une femme a tapé le message suivant, après avoir cité la phrase "Et si finalement l'épanouissement et l'accomplissement personnels d'une femme ne passaient pas forcément par la grossesse ?" :

Et si on arretait de manger pour ne plus devoir aller au toilettes?
Et si on arretais de boire pour ne plus devoir courir faire pipi?
Et si on arretait de vivre pour ne plus avoir de contraintes?...

Et si nos mères avaient pensé la même chose avant de nous avoir?


Suis fatiguée...

# Posté le jeudi 02 août 2007 17:18

Modifié le jeudi 02 août 2007 19:03

Cliché n°31

"Fais un enfant, et tu verras les choses autrement".

Suite logique du cliché n°28 : les parents seraient détenteurs d'un mystérieux savoir et d'une expérience hors du commun qui les rendraient différents à jamais de ce qu'ils étaient avant. Certains se plaisent ainsi à rappeler à l'ordre les non parents, en leur faisant comprendre que le fait de ne pas avoir d'enfants les rend incapables de donner leur avis sur la parentalité.

Non, je ne verrais pas forcément les choses différemment en ayant un enfant. D'ailleurs, c'est triste à dire pour les enfants concernés, mais certains parents regrettent d'avoir des enfants (ils sont rares à le dire franchement, bien sûr).
Une fois l'enfant né, impossible de revenir en arrière. Je crois que c'est Corinne Maier qui dit qu'on n'a pas inventé de meilleur CDI (Contrat à Durée Indéterminée... ou Infinie ?) qu'un enfant. Si je fais un enfant et que le fait d'être mère ne me plaît pas, je fais quoi, après ? Je noie le gosse ? Je l'abandonne ?

Ca vaut la peine d'y réfléchir avant, non ?

# Posté le jeudi 02 août 2007 17:48

Modifié le mardi 22 juillet 2008 15:36